Ne pèche plus

En Jean 5.14, Jésus vient de guérir un homme malade depuis 38 ans près de la fameuse piscine de Béthesda, puis il lui dit : "Voici tu as été guéri ; ne pèche plus désormais de peur que pire ne t'arrive". Dans cet article je vais partager comment je comprends ce verset.

 

Dans ce passage on pourrait croire que Jésus ordonne à cet homme de ne plus pécher pour la seule raison qu'il a été guéri ; s'il n'y arrivait pas, il se rendrait coupable d'un péché plus grand encore et sa situation serait pire qu'auparavant.

Avec cette mentalité on finit par se dire que lorsque l'on reçoit quelque chose de Dieu, nous sommes redevables et il faut Lui rendre la pareille ; alors on fait plus d'efforts pour ne plus pécher... Ce fonctionnement est en réalité très loin de celui de la nouvelle création !

 

Des mots d'amour

Si nous aimons Dieu c'est car Il nous a aimé le premier (1Jean 4.19). Une des façons pour Dieu de nous aimer c'est de nous guérir de nos maladies. Et une des façons que nous avons d'aimer Dieu c'est de ne pas pécher, c'est à dire de vivre à la hauteur de notre réelle identité. Je pense que ce "ne pèche plus" est en fait une invitation à une relation d'amour dans laquelle chacun aime l'autre : Jésus initie le cercle vertueux de l'amour avec ce miracle puis demande à cet homme de continuer sur le même terrain. Il aime en premier et propose d'être aimé en retour ; non pas par devoir, mais comme une réponse naturelle à l'amour reçu au travers de cette guérison. C'est autre chose de ne plus pécher par amour que d'essayer de ne plus pécher pour s'acquitter d'une dette envers Dieu, ce que nous sommes incapables de faire de toute façon...

De plus, il faut bien comprendre que le fait de ne plus pécher est plus avantageux à l'homme qu'à Dieu. Un homme qui pèche reste quelque chose de désagréable pour Dieu de la même façon qu'un enfant qui fait une bêtise ; mais cela ne change rien à l'amour qu'Il a pour nous. Par contre le péché dans nos vies est destructeur et peut faire des ravages. Je pense donc que cette "ordre" de Jésus a plus à voir avec l'amour qu'autre chose, de la même façon qu'on "ordonnera" à un enfant de ne pas toucher la cuisinière en fonctionnement pour éviter qu'il ne se brûle.

 

Seconde chance ?

Nous avons tendance à lire ce verset comme si Jésus donnait une seconde chance à cet homme, au-delà de laquelle il commencerait à sévir. Alors imaginons la scène de cet homme qui continuerait à pécher, qui retomberait malade et qui croiserait à nouveau Jésus. Que lui dirait ce dernier ? Lui ferait-Il des reproches et le condamnerait-Il, ou lui dirait-Il la même chose que la première fois ? Je pense que le verset de Matthieu 18.22 dans lequel Jésus dit à Pierre de toujours pardonner un frère (jusqu'à 70 fois 7 fois en tout cas) nous donne la réponse ! Jésus agirait avec la même compassion et la même miséricorde ! C'est ce que Dieu fait avec nous. Il nous aime et continue de nous aimer alors que nous échouons et continuons d'échouer. Cette patience et cette persévérance dans l'amour finissent par nous toucher et nous transformer ! Heureusement pour nous qu'il y a plus qu'une seconde chance ! Nous en avons vraiment besoin ! Nous avons également besoin d'adopter la même attitude les uns envers les autres. Il est malheureux de voir combien certains sont amoureux du jugement et du concept "je te pardonne pour cette fois mais surtout ne recommence pas"... Je pense que Dieu n'arriverait même pas s'imaginer penser comme cela ! Ce qui devrait être notre cas également...

 

Le langage de la Grâce

Plutôt que d'avoir une mentalité rétributive et punitive, notre Père et parfait Éducateur préfère donc la patience et l'encouragement, nous offrant la possibilité d'une infinité de secondes chances. Mais cela n'est en rien une porte ouverte à faire n'importe quoi ! La Grâce est puissante pour surabonder sur le péché mais Elle ne nous dira jamais de continuer de pécher ! La Grâce nous pardonnera toujours sinon Elle n'est plus grâce, mais en même temps Elle nous encouragera et nous exhortera toujours à ne plus pécher. Nous avons peur d'abuser de la Grâce et par conséquent nous avons tendance à essayer de se reprendre en main. La vérité c'est qu'il est impossible d'abuser de la Grâce ! Celui qui pense pouvoir vivre comme il veut car il sera toujours pardonné se fourvoie et n'a rien compris à la Grâce, même si effectivement, il sera pardonné le jour où il comprendra son erreur. Se nourrir de la Grâce nous évitera la culpabilité inutile et stérile puis nous poussera toujours vers plus d'intimité avec notre Bien-Aimé, sans jamais nous conduire vers une vie autonome et libertine ! Si nous voulons suivre Dieu il ne faut surtout pas refuser de puiser abondamment dans cette Grâce ! Profiter de la Grâce c'est continuer de vouloir suivre notre Père malgré l'abondance de nos échecs. Celui qui pense pouvoir profiter de la Grâce pour vivre comme il l'entend ne veut suivre que ses propres envies ; il ne souhaite pas écouter Dieu et ne s'est pas encore laissé atteindre par la Grâce. Je suis convaincu que l'envie de suivre Dieu découle naturellement après avoir été touché par l'Amour et la Grâce de Dieu ; même si souvent une seule fois ne nous suffit pas...

 

La relation entre le péché et la maladie

Il semblerait que Jésus fasse un rapprochement direct entre arrêter de pécher et "garder sa guérison" et donc un rapprochement direct entre le péché et la maladie.

De manière générale il est évident qu'il existe une relation étroite entre le péché et la maladie : la maladie n'aurait tout simplement pas pu exister si le péché n'était pas entré dans le monde. En revanche je pense qu'il est clair que l'on ne peut pas faire ce rapprochement à l'échelle individuelle (Luc 13.1-5 ; Jean 9.3). Évidemment, certains de nos dysfonctionnements peuvent avoir un impact direct sur notre santé, mais ce n'est jamais en tant que punition du péché ! Nos maladies sont des conséquences du règne du péché dans le monde mais elles ne sont pas le fruit d'une volonté divine de nous punir. D'ailleurs, Jésus ne dit pas que "le pire qui pourrait lui arriver" découlerait d'un jugement de sa part ou de la part de Dieu, même si c'est ce que nous avons parfois tendance à penser en lisant ce verset. Romain 6.23 nous dit que le salaire du péché c'est la mort ; cela ne veut en aucun cas dire que c'est Dieu qui nous fait mourir si nous péchons ! Cela veut simplement dire que la pratique du péché c'est du suicide à petit feu...

Cependant le fait de "continuer à pécher" ne nous permettra jamais de s'affranchir pleinement des conséquences de la présence du péché dans le monde. Pour s'extirper de  tout ce qui voudrait nous garder dans les griffes de la nature déchue il nous faut connaître la Vérité, avoir conscience de qui nous sommes en Lui et demeurer dans cette connaissance et cette conscience. Ainsi nous ne pécherons plus (1Jean 3.6 et 9) et nous vivrons dans la gloire de la nouvelle création ! 

 

 

En conclusion je dirais que nos mentalités non renouvelées nous font mal interpréter des versets comme celui-là ; mais la Vérité demeure éternellement : Dieu est Amour. Et, du point de vue que je viens d'exposer, ce verset est parfaitement emprunt d'Amour !

Mots clés : pécher, pèche, maladie, amour, vérité, jugement, Jésus, Béthesda, guérison, paralytique, grâce, Père

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